Mars 1950 Monseigneur DUBOURG, Archevêque de Besançon, nomme le Père Florin CALLERAND Directeur de la Maison de Retraites du Diocèse de Besançon à Gouille. Agé de 33 ans et profondément marqué par quatre ans de captivité comme prisonnier de guerre en Allemagne, celui-ci était alors son secrétaire particulier depuis son ordination en décembre 1947.
15 juin 1950 Invité par l’archevêque à se rapprocher des Foyers de charité, Florin CALLERAND va rencontrer Marthe ROBIN et le Père Finet, une rencontre décisive. Nous serons, dans l’histoire des Foyers de Charité, le troisième à être fondé.
23 juin 1950, prêchant une récollection aux assistantes sociales et infirmières du Diocèse de Besançon dont il était l'aumônier, il leur confie sa découverte des Foyers de Charité, de Marthe Robin, l'inspiratrice de ces communautés chrétiennes nouvelles qu'elle souhaitait voir se développer. Certaines seront particulièrement touchées er s’engageront : ce seront les premiers membres.
1er novembre 1950, le Pape Pie XII, à Rome, définissait le dogme de l'Assomption. L'après-midi de ce jour-là, devant la statue, dite de "Notre Dame du Silence", alors qu’avec sa mère, et deux autres personnes Florin CALLERAND priait la troisième dizaine du chapelet et méditait sur l'effusion de l'Esprit Saint à la Pentecôte, il a été saisi d’une puissante perception mystique : « Marie toute proche dans la gloire de l’Assomption en visitation permanente au cœur des consciences » Cette date est pour la communauté celle de sa « grâce fondatrice » comme l’a ratifié le jour même l’Archevêque. Jusqu'à la fin de sa vie, Florin Callerand ne cessera de déployer cette grâce dans toutes ses retraites.
13 juin 1954, Florin CALLERAND apprend que la maison de la Roche d’Or située de l’autre côté du Doubs, presqu’en face de Gouille, est à vendre. Il décide de s’y rendre et c’est le coup de foudre. Bien que n’ayant aucun argent, il signe à midi une promesse d’achat et aura jusqu’au soir pour trouver les deux millions de francs de l’époque nécessaires. Et il les trouvera !!!
Un énorme travail d’aménagement commence, il durera jusqu’en 1976. La vieille maison délabrée de dix piécettes et les deux hectares de friches vont devenir au fil des ans un grand parc et de vastes bâtiments pouvant accueillir des centaines de retraitants. Dans la suite des retraites fondamentales, les premières « Retraites d’Evangile » seront données à la Roche d’Or à partir de juin 1960. En 1969, la maison de Gouille sera rendue au diocèse de Besançon et toute la communauté se regroupera à la Roche d’Or.
Deux expériences vont profondément marquer Florin CALLERAND, sa théologie et sa lecture exégétique. Entre 1966 et 1968 il participe à la fondation du Foyer de Charité de Colombie, et entre en contact avec les communautés de base et les courants de la théologie de la libération. En 1968 il se rend en Israel où, selon ses propres paroles, il « refait sa théologie ». Il inaugurera en 1969 les retraites itinérantes en Terre Sainte.
Florin CALLERAND prend de la distance vis-à-vis des Foyers de Charité qui font face depuis plusieurs années à une grave crise institutionnelle. Cela rejoint en lui un profond et douloureux désaccord qui l’habite depuis des années face à une certaine présentation de Marthe ROBIN, de ses écrits et de la théologie pénitentielle et sacrificielle qui en découle. Toutefois, il gardera jusqu’à sa mort un profond attachement à Marthe ROBIN et à l’intuition originelle des Foyers de charité. Cet attachement est aujourd’hui toujours aussi vivant dans la communauté de la Roche d’Or et en chacun de ses membres.
En 1980, Florin CALLERAND rencontre Françoise PORTE et l’accueille pour un profond travail de formation et de refondation de la vie communautaire alors fortement en crise. Formatrice PRH (Personnalité et Relations Humaines) et engagée dans le renouveau charismatique (C.C.F., aujourd’hui Fondacio) Françoise fréquentait depuis 15 ans le Foyer de Charité de Châteauneuf de Galaure et avait travaillé dix ans pour l’hebdomadaire « l’Homme Nouveau ».
C’est une véritable refondation du vivre ensemble qu’elle va inaugurer dans la vie de la communauté ouvrant celle-ci aux formations humaines, à la vie charismatique selon l’esprit du Renouveau et à la grâce propre de la vie communautaire selon l’esprit des Foyers de Charité.
L’arrivée en 1983 du Père Roger ROBERT reconnu comme successeur de Florin CALLERAND constitue l’ultime étape de cette refondation et pose ce que l’archevêque de Besançon appellera le en 1993 « Noyau Fondateur ». Ordonné en 1968, Roger avait participé au lancement de la paroisse Saint François d’Assise du tout nouveau quartier de Planoise à Besançon avant d’être nommé en 1977 Directeur du collège Saint Colomban à Luxeuil où il avait largement œuvré à la restauration et à la reconnaissance de ce lieu historique.
19 mars 1993 la communauté de la Roche d’Or est érigée par Monseigneur Lucien DALOZ, Archevêque de Besançon, en Association Public de Fidèle de droit diocésain. Florin CALLERAND y est nommé comme Fondateur, Roger ROBERT comme son successeur et Françoise PORTE comme Modératrice.
4 mai 1994 la communauté de la Roche d’Or est reconnue par l’Etat Français comme Congrégation, personnalité juridique habilitée à recevoir des dons et des legs. Ce statut lui permettra de faire face quelques années plus tard aux très lourds travaux de mise aux normes de la Roche d’Or et au développement des Fontanilles.
Le lundi 23 mars 1998 le Père Florin CALLERAND fait son grand « passage » entouré de l’affection reconnaissante de la communauté. Le jeudi 26 mars une émouvante célébration a rassemblé une foule de retraitants et de proches venus rendre grâce pour sa vie donnée à l’annonce de l’Evangile.
Le Père Roger ROBERT est nommé supérieur de la Roche d’Or et la communauté poursuit avec foi et confiance l’œuvre commencée 48 ans plus tôt.
En 1986 Florin CALLERAND avait fait l’acquisition à Maureillas dans les Pyrénées Orientales d’une maison, le Mas Quinta. Durant plus de 10 ans il n’a cessé de l’agrandir pour la communauté. Mais son rêve était d’en faire un lieu d’annonce de l’Evangile sur cette terre qui lui rappelait la Palestine et où sa contemplation mystique de la création puisait force d’inspiration pour sa prédication. Malgré de multiples tentatives ce projet s’est heurté à une impossibilité administrative.
En 2000 l’acquisition d’une propriété voisine LES FONTANILLES, crée une première ouverture. Les premières retraites auront lieu en 2003. Des travaux plus importants en 2014 donneront aux Fontanilles toute sa taille et son visage actuel.
Le Père Roger ROBERT et Françoise PORTE informent la communauté de leur décision de se retirer de leurs fonctions de supérieur pour le Père Roger ROBERT et de Modératrice pour Françoise PORTE tout en restant membre du Conseil de Fondation.
Le Père Olivier SOURNIA est nommé supérieur de la Communauté par l’Archevêque de Besançon et Danièle VALES reconnue comme Modératrice.
3 mai 2025 Dans la suite de la visite canonique ordinaire, et conformément à ses recommandations, l’Archevêque déclare clos le temps des Fondateurs et ouvre celui des disciples, celui du charisme communautaire.
Françoise PORTE accepte un éloignement géographique nécessaire à la mise en place de cette étape communautaire.
Le Père Roger ROBERT très malade décède le 14 décembre 2025.
La Communauté s’engage dans cette étape riche de profondes ouvertures. Rejoignant l’appel de l’Eglise à vivre et avancer dans un esprit de synodalité, elle engage de profondes restructurations de son mode de vie et de gouvernance.